Scrum : De l’intérêt des méthodes agiles

Depuis l’année dernière je m’intéressais beaucoup aux méthodes dites agiles dans la gestion de projet, comme Scrum, par exemple.

J’ai l’occasion grâce à mon emploi actuel de m’initier à ces principes qui sont aux antipodes des méthodes dites traditionnelles de gestion de project que nous pouvons pratiquer en France et qui sont enseignées dans nos universités.

Il n’est pas simple pour un manager de passer de l’un à l’autre. Beaucoup de principes et concepts sont à revoir, réapprendre et le faire seul est une étape difficile. Heureusement pour moi, j’ai la chance d’être initié (sur la pratique tout au moins) par une collègue canadienne, devenue Scrum Master récemment.

Avec ces principes, vous ne devez plus penser long terme, mais court terme, et surtout retour sur investissement (ROI). Les premiers mois ont été plutôt difficiles. En effet, l’envie de faire des projets et des plannings restent forts. Surtout lorsque vous disposez de MS Project 2007 et que vous avez envie de faire « joujou » avec.

Et puis le temps passe, vous faites des réunions et des itérations (planning, développements, tests, bugs, démo et déploiments) et vous vous sentez tout à coup envahi par ces principes qui remettent en question tout ce que vous avez pu faire avant.

En effet, dans une démarche standard, vous avez l’étape de spécifications, pendant laquelle vous réfléchissez avec votre client ou votre MOA. Les idées sont souvent vagues, il est difficile de se faire une idée concrète du produit final, vous êtes seul ou dans une équipe réduite à son minimum. Pas de développeur. Ensuite vous attaquez les devs et tests et suivez avec fidélité les spécifications qui sont très souvent vagues et pour lesquelles vous devez retourner voir le client car vous avez besoin d’éclaircissements. Puis vient le jour du déploiement et des formations utilisateurs. Et comme bien souvent, à cette étape, l’équipe est à nouveau réduite et vous êtes le seul à recevoir les remerciements (ou les blâmes, cela dépend). Et puisqu’à cette date, vous quittez vous-même le projet, vous ne savez pas ce qui va réellement être utilisé et ce qui convient et ne convient pas. Grosso modo, quel est le travail réellement intéressant et qui apporte une réelle plus value au métier. Les manques sont considérables.

Dans l’autre cas, méthode Scrum, par exemple, vous êtes au contact direct du métier. L’équipe complète se forme très rapidement et les premiers développements apparaissent après la première ou deuxième itération (après un mois environ). Vous avez donc des retours client quasi immédiatement. Les choix de développement se font itération après itération, l’ensemble de l’équipe est impliqué et le client vous félicite (ou vous blâme) tous ensemble. Vous avez donc un retour instantané sur ce qui est « bien » et ce qui ne l’est pas, vous comprenez mieux le métier, plus rapidement. Le client a également une plus grande réactivité dans ses choix de développement, en choisissant d’annuler ou refaire un développement, si la première version qu’il a reçu n’apparait finalement pas convenir à ses besoins.

Si les principes de Scrum sont bien respectés, et si donc, l’équipe projet a suffisamment d’expérience dans ce domaine, les projets utilisant cette méthodologie sont plus à même de répondre aux besoins réels du métier.

Cependant il ne faut pas se leurrer. Cette méthodologie comporte des pièges que seules des personnes expérimentées sont à même d’éviter ou prévenir. Car la complexité projet ne disparait pas pour autant.

  • Premièrement le métier doit savoir de quoi il parle et doit se tenir à la disposition de l’équipe de développement tout au long du projet et pas uniquement sur le début comme dans un développement standard.
  • Deuxièmement, le chef de projet ou ScrumMaster, doit être conscient des limites de son équipe de développement et s’assure les conseils d’un senior en architecture/développement, histoire de ne pas revoir toute l’implémentation au moindre changement de conception.
  • Troisièmement, l’agilité ne concerne pas que la partie Scrum, mais toutes les phases de développement. eXtreme Programing pour un transfert de connaissance fluide, des tests et un serveur d’intégration continue, afin de pouvoir faire des modifications rapidement, facilement et sans crainte, un processus de déploiement simplifié, pour le répéter à chaque itération sans difficulté.

En suivant ces quelques principes, les projets suivant la méthodologie Scrum ont plus de chance d’aboutir et d’être à même de satisfaire le métier en fournissant des logiciels qui correspondent réellement à leurs attentes du moment (et pas à celles d’il y a 10 mois, déjà mises à l’oubli pour cause de crise, réorg ou perte de marché)

Le tableau suivant présente une comparaison des coûts de production des équipes de développement et la productivité du métier entre la méthodologie Scrum et les méthodes standards.

Comparaison des coûts de production et productivité entre Scrum et méthode standard

Comparaison des coûts de production et productivité entre Scrum et méthode standard

Dans le cas standard, on retrouve ce qui fait le principe d’un projet dit classique. Des coûts de production bas sur le début, lors des phases de spécifications, une intensification lors des développements et une baisse progressive sur la fin de projet lorsqu’il ne reste que la livraison, la correction des bugs et les formations utilisateurs. La productivité quant à elle ne débute qu’après la livraison et fournit son plein potentiel quelques mois après la livraison.

Pour Scrum, les coûts de production sont rapidement à leur maximum, puisque l’équipe intervient très rapidement sur le développement du produit. Ces coûts s’arrêtent d’ailleurs quasi immédiatement après la fin du projet, puisque l’application est livrée, les bugs sont déjà corrigés et les utilisateurs déjà formés. La productivité cependant débute juste quelques mois après les premiers développements. Cette productivité, timide sur le début, s’accélère rapidement puisque les fonctionnalités les plus importantes sont développées en priorité. Et la productivité est plus importante sur la fin, car elle correspond exactement à ce que demande le client au moment où il le demande (et non à ce que avait été défini dans les spécifications 10 mois avant, comme c’est le cas avec le méthode standard). Les gains de productivité sont d’ailleurs beaucoup moins important sur la fin de projet. C’est à ce moment que le client devra se demander s’il est légitime de poursuivre les développements, puisque ceux-ci n’apportent plus réellement de valeur ajoutée. On pourra alors stopper net le projet ou réorienter les développements vers d’autres objectifs.

Ce graphique montre tout le potentiel de Scrum.

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Une Réponse to “Scrum : De l’intérêt des méthodes agiles”

  1. Bulletin octobre 2009 : Vas-y, t’es capable ! « Le bulletin PMI Lévis-Québec Says:

    […] Les méthodes agiles VS la gestion de projet classique Une description intéressante de la mise en place d’un tel processus. Lisez l’article ici. […]


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