FonShare : Le cloud appliqué aux téléchargements

Il y a quelques temps, j’avais posté un article sur l’arme ultime anti-Hadopi.

Apres mûre réflexion, j’ai abouti a un concept qui commence à prendre forme et qui devrait concrétiser les dires de mon précédent post.

Pour marier téléchargements privés et réseaux sociaux, il faut impérativement un serveur personnel fournissant du contenu. Un serveur FTP fait parfaitement l’affaire mais la fonera 2 semble être l’outil idéal pour valider le concept.

  • Prenez donc une fonera 2, branchez un disque dur et fournissez quelques fichiers a votre serveur FTP accessible sur le web.
  • Inscrivez-vous au service FonShare (pas encore déployé, prenez patience) et remplissez les informations concernant votre fonera.
  • Créez un groupe ou rejoignez un groupe existant.
  • Visualisez les fichiers de ce groupe et choisissez ceux que vous souhaitez télécharger,
  • Patientez pendant le téléchargement entre les foneras, puis profitez de vos nouveaux fichiers téléchargés.
  • Partagez avec vos autres groupes les nouveaux fichiers téléchargés.

Voici quelques schémas décrivant les détails techniques du projet.

Cloud Concept of groups between servers

Cloud Concept of groups between servers

Le service FonShare permet de créer des groupes de serveurs et de partager les fichiers entre ces serveurs.

File Sharing Concept between groups

File Sharing Concept between groups

Ainsi comme on le voit sur le schéma précédent, l’utilisateur de la Fonera 1, par l’intermédiaire du service FonShare,  a accès à l’ensemble des  fichiers des serveurs des groupes 1 et 2. Soit dans  l’exemple, 6 serveurs.

File Download Concept from one server to another one

File Download Concept from one server to another one

Lorsque l’utilisateur souhaite télécharger un fichier, il sélectionne le dit fichier a partir du service FonShare et lance le téléchargement. FonShare envoie une commande FTP aux 2 serveurs. Le premier pour envoyer le fichier au deuxième serveur, le second pour le recevoir. Le fichier transite alors d’une fonera à une autre, il n’y a aucun intermédiaire.

File Transfer Concept between servers

File Transfer Concept between servers

Ainsi un fichier transite d’un serveur privé à un autre, uniquement par des connexions privés, point a point. En fonction du nombre de groupes, du nombre d’utilisateurs dans chaque groupe et du nombre de fichiers sur chaque serveur, un utilisateur peut avoir accès à un très grand nombre de fichiers.

Prenons maintenant une hypothèse. Vous êtes utilisateur de FonShare et vous avez rejoint 3 groupes de 4 personnes en moyenne,  chacun mettant environ 50 Gigaoctets de données en partage. Vous avez alors un accès direct à une base de 3 x 4 x 50 Go de fichiers, soit quelques 600 Go tout de même. Rejoignez un groupe plus important et vous démultipliez la quantité de données accessibles.

Points positifs du service :

  • Connexion privée entre 2 serveurs, non visible de l’extérieur,
  • Les fichiers résident uniquement sur les serveurs personnels et ne sont transférés qu’entre les serveurs,
  • Les utilisateurs d’un groupe ne connaissent pas les informations de connexion des serveurs personnels des autres membres du groupe et n’ont aucun moyen de les connaitre,
  • Les accès aux autres serveurs personnels sont en lecture seulement, l’écriture est disponible uniquement sur son propre serveur,
  • Les transferts entre serveurs ftp sont rapides. Un fichier de 700 Mo est théoriquement transférables en moins de 2 heures à 100 Ko/s, moins de 25 minutes à 500 Ko / s.
  • Vous pouvez à tout instant rajouté un groupe ou supprimé un groupe.
  • Pas de trace.

Points negatifs :

  • Les transferts sont limités à la capacité d’upload des utilisateurs,
  • Le système est encore assez technique et ne peut pas etre utilisé par le quidam moyen,
  • Il faut avoir des amis et des amis de confiance,
  • Il faut des sources extérieures pour alimenter les serveurs personnels.

L’arme ultime anti-Hadopi

En prenant le bus ce matin, j’ai imaginé l’arme ultime anti-Hadopi, sans même le vouloir.

Suivez mon raisonnement, vous verrez que d’ici peu nous aurons tous ce genre d’appareil et que plus personne ne pourra rien y faire.

Il s’agit d’un mélange de Tvix, NAS, Facebook, Code Ami Wii, Blog, RSS et Digg.

Prenez un Tvix, petit ordinateur multimédia montant à 1To qui se branche sur la télé et qui permet de regarder ses films, musiques, photos et tous types de fichier multimédia. Celui-ci est même souvent équipé d’une prise RJ45 pour se brancher sur un réseau interne afin de faciliter le transfert de fichiers depuis un pc, certains disposent même du wifi.

Mixez-le avec un NAS, routeur, petit appareil lui aussi pourvu d’un disque dur, mais servant principalement à fournir des services de transfert de fichiers, style P2P et/ou FTP.

Ajoutez à ce superbe outil technologique, un principe de communauté, style Facebook, où je vois mes amis par acceptation (ou code ami) et je peux partager mes amis avec leurs amis.

Imaginez alors qu’au lieu de partager vos amis, comme sur facebook, vous partagez vos fichiers entre Tvix-NAS avec une sauce de P2P.

Prenons un petit exemple :

  1. Un collègue de l’équipe de montage d’une société de production se dit que ce serait pas mal d’avoir le dernier film qui va sortir en dvd sur son tvix et de le partager avec ses potes.
  2. Une fois le fichier copié sur sa machine, ses amis directs sont avertis par un flux rss ou un blog auto-généré lorsqu’ils allument leur télé qu’un nouveau film est disponible sur le réseau et qu’ils peuvent le regarder à tout instant puisqu’il a déjà été téléchargé sur leur propre Tvix. A la fin du film, ils peuvent même lui donner une note et indiquer s’ils souhaitent le garder tant que la place de leur Tvix le permet.
  3. Le lendemain, un ami d’ami reçoit lui-même ce genre de message sur son téléviseur et procède de la même façon.
  4. Au bout de 7 jours seulement, si chaque ami est en relation avec ne serait-ce que 5 amis, le fichier est déjà partagé avec 80.000 personnes (5 puissance 7) sans que personne n’ait eu besoin de toucher à un ordinateur ou faire une recherche quelconque.
  5. Tous les réseaux étant privés, limités, cryptés et contrôlés manuellement, aucun moyen pour n’importe quelle agence de pouvoir surveiller le moindre fichier. Même les FAI ne peuvent rien y faire. Le seul moyen à la disposition des agences serait d’infiltrer un réseau privé, de dénoncer tous ses membres et de poursuivre avec le suivant. Vous oubliez les milliers de lettres automatiques, vous passez à un système manuel particulièrement fastidieux.

Imaginez maintenant qu’une personne d’un réseau privé de 5 personnes poste un seul nouveau fichier par mois, chaque ami d’ami d’ami peut avoir à sa disposition environ 125 fichiers disponibles par mois. Si on parle de films, c’est plus qu’il n’en faut pour satisfaire une personne, si on parle d’albums musicaux, idem. Et tout ca sans qu’Hadopi ne puisse rien y faire. Au pire, accélérer le processus du besoin auprès des consommateurs et donc des industriels de matériels audio-vidéo pour fabriquer et vendre ce type de matériel.

Si à tout cela vous ajoutez un stockage de 1To, qui permet potentiellement de stocker 1300 films SD ou 200 films HD, que la taille des disques durs croient par 2 tous les ans et demis (Loi de Moore) et que pour en terminer, la machine multimedia fournit une fonction de recherche manuellement ou mieux automatique sur les machines du réseau privé pour trouver les films que vous appréciez le plus, alors vous avez à votre disposition 6500 films accessibles à tout instant, gratuitement.

Et bien sur, toutes ces machines seront vendus légalement au grand public, comme le sont les lecteurs MP3 et lecteurs DivXs. C’est pas beau la technologie moderne ?!!!

Alors vaut-il mieux une loi Hadopi qui va restreindre l’envie du public d’acheter des oeuvres pour préférer ce type de solution ou doit-on passer par la licence globale, pour que ce type d’utilisation en devienne légal mais rémunérateur ?

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