L’arme ultime anti-Hadopi

En prenant le bus ce matin, j’ai imaginé l’arme ultime anti-Hadopi, sans même le vouloir.

Suivez mon raisonnement, vous verrez que d’ici peu nous aurons tous ce genre d’appareil et que plus personne ne pourra rien y faire.

Il s’agit d’un mélange de Tvix, NAS, Facebook, Code Ami Wii, Blog, RSS et Digg.

Prenez un Tvix, petit ordinateur multimédia montant à 1To qui se branche sur la télé et qui permet de regarder ses films, musiques, photos et tous types de fichier multimédia. Celui-ci est même souvent équipé d’une prise RJ45 pour se brancher sur un réseau interne afin de faciliter le transfert de fichiers depuis un pc, certains disposent même du wifi.

Mixez-le avec un NAS, routeur, petit appareil lui aussi pourvu d’un disque dur, mais servant principalement à fournir des services de transfert de fichiers, style P2P et/ou FTP.

Ajoutez à ce superbe outil technologique, un principe de communauté, style Facebook, où je vois mes amis par acceptation (ou code ami) et je peux partager mes amis avec leurs amis.

Imaginez alors qu’au lieu de partager vos amis, comme sur facebook, vous partagez vos fichiers entre Tvix-NAS avec une sauce de P2P.

Prenons un petit exemple :

  1. Un collègue de l’équipe de montage d’une société de production se dit que ce serait pas mal d’avoir le dernier film qui va sortir en dvd sur son tvix et de le partager avec ses potes.
  2. Une fois le fichier copié sur sa machine, ses amis directs sont avertis par un flux rss ou un blog auto-généré lorsqu’ils allument leur télé qu’un nouveau film est disponible sur le réseau et qu’ils peuvent le regarder à tout instant puisqu’il a déjà été téléchargé sur leur propre Tvix. A la fin du film, ils peuvent même lui donner une note et indiquer s’ils souhaitent le garder tant que la place de leur Tvix le permet.
  3. Le lendemain, un ami d’ami reçoit lui-même ce genre de message sur son téléviseur et procède de la même façon.
  4. Au bout de 7 jours seulement, si chaque ami est en relation avec ne serait-ce que 5 amis, le fichier est déjà partagé avec 80.000 personnes (5 puissance 7) sans que personne n’ait eu besoin de toucher à un ordinateur ou faire une recherche quelconque.
  5. Tous les réseaux étant privés, limités, cryptés et contrôlés manuellement, aucun moyen pour n’importe quelle agence de pouvoir surveiller le moindre fichier. Même les FAI ne peuvent rien y faire. Le seul moyen à la disposition des agences serait d’infiltrer un réseau privé, de dénoncer tous ses membres et de poursuivre avec le suivant. Vous oubliez les milliers de lettres automatiques, vous passez à un système manuel particulièrement fastidieux.

Imaginez maintenant qu’une personne d’un réseau privé de 5 personnes poste un seul nouveau fichier par mois, chaque ami d’ami d’ami peut avoir à sa disposition environ 125 fichiers disponibles par mois. Si on parle de films, c’est plus qu’il n’en faut pour satisfaire une personne, si on parle d’albums musicaux, idem. Et tout ca sans qu’Hadopi ne puisse rien y faire. Au pire, accélérer le processus du besoin auprès des consommateurs et donc des industriels de matériels audio-vidéo pour fabriquer et vendre ce type de matériel.

Si à tout cela vous ajoutez un stockage de 1To, qui permet potentiellement de stocker 1300 films SD ou 200 films HD, que la taille des disques durs croient par 2 tous les ans et demis (Loi de Moore) et que pour en terminer, la machine multimedia fournit une fonction de recherche manuellement ou mieux automatique sur les machines du réseau privé pour trouver les films que vous appréciez le plus, alors vous avez à votre disposition 6500 films accessibles à tout instant, gratuitement.

Et bien sur, toutes ces machines seront vendus légalement au grand public, comme le sont les lecteurs MP3 et lecteurs DivXs. C’est pas beau la technologie moderne ?!!!

Alors vaut-il mieux une loi Hadopi qui va restreindre l’envie du public d’acheter des oeuvres pour préférer ce type de solution ou doit-on passer par la licence globale, pour que ce type d’utilisation en devienne légal mais rémunérateur ?

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Expatrié, piratage et norme vidéo

On a beau dire, le piratage c’est mal. Il est clair, net et concis que les auteurs ne peuvent décemment pas vivre de leurs oeuvres si on ne les paie pas. Et qui doit les payer?, en toute logique, le consommateur.

Il est vrai aussi qu’avec le prix des oeuvres en ce moment, on atteint des sommets bien à la limite du raisonnable, ce qui explique inévitablement le piratage.

Mais allons plus le loin, prenons l’exemple d’un expatrié, comme moi, même « expatriés » puisque j’en suis à mon deuxième pays hors de France.

En prenant pour exemple l’achat d’un DVD vidéo, exemple classique mais au combien intéressant, on s’apercevra que celui-ci à plusieurs limites.

  • La première sur la zone, 1 ou 2, par exemple, qui va vous empêcher de lire votre dvd dans plusieurs régions du monde. Le concept est bien pensé pour éviter aux grands fans d’acheter un dvd à l’étranger en avant-première. Il faudra d’ailleurs m’expliquer quel est l’intérêt de bloquer les grands fans d’acheter un film aux US ou aux Japon, m’enfin.
  • La deuxième plus sournoise, que j’ai découvert récemment, la norme vidéo. Vous vous rappelez sans doute des formats PAL, SECAM et NTSC, qui m’ont d’ailleurs joué des tours lorsque j’étais plus jeune avec mes cassettes vidéos. Et bien j’ai eu récemment le même petit problème avec la norme NTSC. Impossible de lire un DVD au format PAL sur une TV canadienne NTSC.
  • Et la dernière pour la fin, la langue. Lorsque vous achetez un DVD à l’étranger, il n’est pas forcément dans votre langue, d’ailleurs assez rarement, puisque le nombre de langues sur un DVD est souvent limité à 2 voire, 1. Et pour les sous-titres, il en est de même, même si vous avez généralement le droit à 3 langues, voire 4 langues au grand maximum.

Avec toutes ces contraintes, l’expatrié n’a plus beaucoup de choix lorsqu’il souhaite faire l’acquisition d’un DVD.

  • Ne pas l’acheter, puisque d’une façon ou d’une autre, il ne pourra pas l’utiliser dans un des pays dans lequel il réside, ou alors pas dans sa langue natale,
  • L’acheter dans un format, une zone ou une langue et se limiter à l’utiliser uniquement dans son pays de résidence actuel, quitte à le revendre d’occasion pour récupérer quelques pécunes,
  • Le pirater, puisque les Divx n’ont pas de zone, pas de format, qu’on peut trouver toutes les langues inimaginables et tous les sous-titres et qu’ils ont le gros avantage d’être gratuit. Mais les auteurs ne sont pas rémunérés.

Il existe d’autres possibilités, que je n’ai pas cité.

  • La location, ce qui impose une inscription dans un video-club (la vod n’est pas encore d’actualité au Canada ou très très cher), avec les contraintes qui s’imposent. Possession pendant 24 heures, souvent cher, possibilité de ne pas trouver l’oeuvre que l’on demande. Le problème de langue, lui, reste entier…
  • L’utilisation de sa carte canadienne de bibliothèque, gratuite, qui permet d’accéder à un vaste échantillon d’oeuvres en dvd pour rien. Une seule contrainte, 7 jours, ce qui est parfaitement raisonnable.

Maintenant, je me dis. Si je veux voir (ou revoir) des séries comme 24 heures chrono ou 6 feet under. Que ces séries sont disponibles gratuitement à la bibliothèque, ne pourrais-je pas tout simplement télécharger l’oeuvre sur BitTorrent puisque le coût est le même. Dans un cas comme dans l’autre, les auteurs doivent être rémunérés de la même façon, par une taxe fédérale ou locale.

Si nous poursuivons dans cette direction. Si les bibliothèques canadiennes sont autorisées à fournir ces oeuvres au public contre une rémunération globale, cela ne signifie t-il pas que l’on parle ici de licence globale ?

Si oui, alors, le Canada applique une licence globale pour les oeuvres qu’il distribue, et les auteurs ont donné leur accord et cela fonctionne.

Si cela fonctionne pour le Canada, cela devrait fonctionner pour tous les pays, comme la France, non ?

Alors à quand la licence globale en France ?

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