Apple vs Google : Une approche Marketing différente

Dans le domaine des nouvelles technologies, j’aime tous les langages, les appareils pour faire tout et n’importe quoi, les expériences, les recherches. Tout ça me fascine.

Mais ce secteur me passionne également par le positionnement des sociétés pour capturer le marché. Car on le sait avec l’expérience, ce n’est pas le meilleur produit qui gagne, mais celui qui réussit son entrée dans le foyer des consommateurs.

Et sur ce point, Google et Apple ont bien réussi, mais sur des positionnements complètement différents. Rappelons avant tout l’objectif identique des deux sociétés, FAIRE DE L’ARGENT. C’est important, car cela doit toujours vous rester à l’esprit, quelque soit votre préférence.

Le cas Apple

Apple a une devise : « Think Different » (Pensez différemment), que l’on pourrait également compléter par « Do It Simple » (Faites le simplement).

Apple a commencé par les ordinateurs, les systèmes d’exploitations, ensuite la musique, avec l’iPod, puis le téléphone avec l’iPhone et aujourd’hui la tablette avec l’iPad. A chaque fois qu’ils sont arrivés sur le marché, d’autres produits similaires existaient, souvent moins chers, avec de meilleures performances et plus de possibilités. Mais à chaque fois, ils ont réussi à capter le marché, parce que leur produit était joli et qu’il était possible de faire les choses qu’il promettait simplement, sans lire une notice. Même si les produits sont chers, voire très chers, même excessifs parfois (700 € min pour un iPhone, 1 000 € pour un Mac Book Air) , les consommateurs sont aux RDV, pas seulement les fans de la marque.

Le cas Google

Google a une autre devise, bien différente, « Don’t be evil » (Ne faites pas de mal), que l’on pourrait aussi compléter par « Give Knowledge to the World » (Donnez la connaissance au monde).

Google a commencé par son moteur de recherche bien connu, puis a étendu ses services sur tous les domaines autour, mails, maps, blogs, GPS, réseaux sociaux, musiques, téléphonie… Mais à chaque fois, ils proposaient leurs services gratuitement sans aucune contribution de l’utilisateur-consommateur. Si ce n’est, bien sur, de pouvoir analyser les moindres faits et gestes de ces utilisateurs pour leur proposer des publicités. (C’est d’ailleurs là qu’on espère que le « Don’t be evil » sera toujours leur devise.) Et sur chacun de ces domaines, ils ont réussi à capter le marché.

Apple vs Google

Les deux sociétés grandissant, Apple et Google sont maintenant opposés sur plusieurs fronts, la téléphonie, la musique, la vidéo… Et sur ces 3 domaines, Apple est plutôt bien installé. Mais intéressons-nous plus particulièrement au domaine de la téléphonie, celui qui m’intéresse plus particulièrement, dont, je pense, le scénario servira de scripts pour les 2 autres domaines, à savoir la musique et la vidéo.

La guerre des smartphones

L’objectif d’Apple lorsqu’ils sont arrivés sur le secteur du smartphone, c’était de fournir un appareil qui sorte du lot et qui puisse s’accaparer les plus grosses parts de marché (avec les plus grosses marges, il s’entend). Et ils ont effectivement réussi.

L’objectif de Google, lui, n’est pas du tout le même. Ils ne se font pas d’argent avec la vente d’appareils, puisqu’ils n’en vendent pas, ni même d’OS d’ailleurs, puisqu’Android est Open Source et fournit gracieusement aux fabricants. Non leur objectif était d’accaparer le marché de la publicité en diffusant l’OS aux plus grands nombres d’utilisateurs, le plus rapidement possible. Comme ils font toujours d’ailleurs avec tous leurs services, ceci afin de vendre de la publicité. Et sur ce point, on peut dire qu’ils ont réussi. Tous les segments du marché sont touchés par Android, qui voit ses parts de marché atteindre des sommets en un temps record. Plus de 50% de part de marché dans le monde des smartphones. En effet, il est plus facile de vendre un téléphone à 200 € qu’un téléphone à 700 €, même s’il ne fait pas tout aussi bien. (C’est d’ailleurs valable dans tous les secteurs, pas seulement dans la téléphonie).

L’avenir est tout rose

Il est clair et net aujourd’hui, que le smartphone est l’avenir du téléphone et que nous ne devrions plus voir que ça d’ici 3 à 5 ans. Et lorsqu’on sait que le marché n’a capté que 40 à 50 % des utilisateurs de téléphone, la progression est encore phénoménale. Alors que va-t-il se passer pour l’avenir ?

Google est sur la bonne voie pour devenir le nouveau Symbian, avec des parts de marché qui vont frôler les 70 %. Apple devrait suivre avec 15 à 20 % et les autres devraient arriver bons derniers, RIM passera sûrement sur Android très prochainement, en ne faisant plus que du matériel et de l’intégration, et WP7 restera à 5 % de parts de marché, parce que Microsoft doit tout de même être sur le créneau, par principe.

Google se fera donc encore plus d’argent sur la publicité et Apple continuera à être rentable puisque leurs marges sur chaque vente est très importante. Ils partiront ensuite tout deux sur un autre domaine, la TV connectée avec Google TV (Android encore) et Apple TV (iOS aussi). Puis nous aurons surement le droit à la domotique, aux services locaux, aux voitures embarquées, aux appareils électroniques et électroménagers…

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L’alternative au piratage n’existe pas !

C’est malheureux à dire, mais l’affirmation est réelle.

Commencons par les bases de cette réalite avec les avantages évidents du piratage et mettons-les en comparaison avec les offres de nos chers majors.

  • La gratuité de l’offre, difficile à combattre mais réellement très attractif,
  • La facilité de manipulation, vous téléchargez, vous transférez, vous copiez, effacez, oubliez, réecoutez, partagez, achetez, vendez…,
  • La diversité de l’offre, aucune limite sauf celle de votre imagination,

Comparons maintenant ces avantages avec ce que nous offrent les majors :

La gratuité de l’offre

Pour le prix, on peut dire qu’un effort a été fait, même s’il n’est pas suffisant. Prenons pour exemple un album récent sur Amazon.

Exemple de vente Amazon

La version CD est à 12,14 € et la version mp3 à 8,99 €. Il y a donc presque 50% de reduction entre la version CD et la version MP3. On aurait aimé un CD à moins de 10 euros et une version MP3 à 7 euros, mais bon (quand on sait que les fichiers sont exempts de DRM, il y a plutôt un bon point). La fnac fournit le CD à 9,99 euros en prix vert, mais pas de version MP3. L’abum est encore inconnu pour Virgin.  En version américaine, le CD est à 9,99$, soit 7 euros et le mp3 à 8,99 $, soit 6,30 euros. Mais qui fixe les prix ?

Mais si on cherche la petite bête, on s’apercoit vite que l’offre n’est pas encore au point.

Example Amazon - BAD

Dans cet exemple, avec un album de Michael Jackson, récemment revenu au top, paix à son âme. La version MP3 est plus chère que la version CD. On tombe dans l’incohérence complete. L’utilisateur doit donc jongler dans les offres matérielles pour savoir laquelle est la plus intéressante. On arrive au limite du systeme et on sent que l’offre numérique n’en est réellement qu’a ses débuts. Quand le piratage de musique est présent depuis 1999. 10 ans de retard avec une offre encore en construction. Le même album est vendu 7.99 $ sur la version américaine d’Amazon, ce qui fait environ 5,6 euros. On retrouve la même incoherence avec le prix de la version MP3, 9,99$… Sur Virgin, le MP3 est a 9,99 euros et à la fnac le CD est à 8,99 euros en prix vert en plus…

J’aurais aimé faire cette comparaison de prix avec Apple et iTunes, mais pour cela il faut installer le logiciel sur son ordinateur, ce que je me refuse à faire catégoriquement.

On voit que l’offre numerique s’améliore, mais on est encore loin de quelque chose de stabilisé. Il faudra parfois préferer le CD et faire soit même la conversion en MP3 pour profiter du meilleur prix. Ceci implique également de s’amuser à comparer les offres entre divers magasins sur les versions CD et MP3 pour faire au mieux.

Mention : Peut mieux faire.

Facilité de manipulation

La plupart des offres MP3 d’aujourd’hui sont exempts de DRM, ce qui n’était pas le cas il y a moins d’un an. Ceci impliquait l’utilisation d’une à trois machines (ordinateur, lecteur MP3 ou autres). Et comme bien évidemment vous changez de machine tous les 5 ans environ, vous pouvez en conclure qu’après une quinzaine d’années vous êtes dépossédés de votre collection. Beaucoup de ceux qui ont acheté de la musique en DRM vont s’en apercevoir rapidement, si ce n’est déjà fait. Mais cette période semble révolue, quoique, en voici un exemple avec un clip video.

Example Virgin - Smooth Criminal

Ici on voit clairement les DRMs, donc si vous voulez avoir le clip, c’est Windows + Windows Media Player uniquement. Oubliez les possibilités de copie sur un baladeur autre que ceux compatibles DRM MS. Je ne connais pas les limites des DRMs Microsoft, mais je suppose que vous devez également être limité en nombre de copie et de machine. Donc ce fichier ne sera plus valide dans 15 ans. Dommage. Et si vous changez de machine pour un ipod, vous le perdez définitivement. Dommage…

Un autre point à noter, lorsque vous achetez des fichiers numériques, vous n’avez pas la possibilité de les revendre et dans certains cas de les offrir. Rappelez-vous cette histoire d’Obama avec la Reine à propos des droits sur les fichiers numériques d’un iPod. Donc si un album acheté ne vous plait finalement pas ou plus, vous ne pouvez que le supprimer (pour rester dans la légalité). C est rageant.

Enfin, terminons avec le meilleur, certains fournisseurs de contenu comme Apple ne fournissent que des fichiers dans leur format (iPod), ce qui signifie que vous êtes liés à votre machine pour l’ensemble de vos fichiers, au choix de tout perdre si vous quittez la pomme par exemple.

La portabilité s’améliore, mais elle laisse encore à désirer. Les personnes peu expertes dans ce domaine risquent encore de se faire pièger et de se retrouver avec des fichiers numériques dont ils ne peuvent plus rien après quelques années.

Mention : Peut mieux faire.

Diversité de l’offre

Je vais passer cette fois-ci sur la partie vidéo, je ne m’y connais pas suffisamment en musique pour traiter du sujet.

Les offres de vidéo à la demande sont encore plus récentes que celles de la musique (même si leur piratage a commencé il y a presque 10 ans également), et ca se voit. Bien souvent, vous n’avez qu’un petit millier de films à disposition, parmi les plus récents ou les plus vendus. Vous ne pourrez donc pas y trouver ce qui satisfera les goûts de toute la famille. Sans compter que l’offre en Version Originale Sous-titrée n’existe pas. Vous pouvez prendre Allocine (pourtant spécialiste cinema), la FNAC, MK2 ou TotalVideo. Même le Free Home Video ne propose qu’une poignée de films en VOST. Moi qui exècre les films doublés en français, je suis consterné. L’offre de videos sur Internet n’existe quasiment pas. Et si en plus vous y rajoutez les prix prohibitifs (5 euros les nouveautés, 4 euros les films à succès et 2 euros les grosses daubes tombées dans l’oubli) et les restrictions d’utilisations (lecture sur PC uniquement, sauf pour Free, et avoir Windows forcement)

Vous avez un message

Un film de 10 ans d'âge à 4 euros

Si la diversité dans la musique semble avoir fait beaucoup de chemins, elle reste misérable dans l’offre video qui certes vient de se lancer, mais ne permet pas d’etre considérée comme décente a l’heure actuelle.

Mention : Un très gros effort à faire.

Conclusion

On le voit bien a travers ce petit échantillon, le piratage possède tous les avantages de l’offre et aucun défaut, si ce n’est celui d’être illégal (ce qui est quand même le plus important). Les offres des majors sont encore trop timorées pour pouvoir rivaliser avec ce que propose l’illégalité. Il faudra du temps et de la créativité aux fournisseurs de contenu s’ils veulent réellement rester dans la course, au risque de périr miserablement, malgré toutes leurs tentatives pour déjouer le piratage. Espérons que tout ceci profite un jour aux consommateurs. Je suis malheureusement bien pessimiste.

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